Mais où est la pomme d’antan?

J’avoue, je suis tombée dans le piège Facebook. Je passe un nombre indéfini d’heures par semaine à papillonner d’un post à l’autre à la recherche de la prochaine info indispensable. Naturellement, les sujets touchant à la nutrition me sautent aux yeux. C’est pourquoi plusieurs vidéos ont attiré mon attention : il s’agissait de pommes, d’oranges et d’équations choquantes équivalant une pomme des années ’50 à 100 pommes d’aujourd’hui.  Saisie d’indignation, j’ai bien failli partager. Mais je me suis retenue : après tout, était-ce bien vrai ? J’ai fait ma petite enquête…

 

Il s’avère que ces petites vidéos populaires  – celle à laquelle je pense à été vue 130’000 fois – montrent des chiffres extravagants en comparant ce qui n’est pas comparable. Mais le phénomène de fond est, lui, hélas bien réel. Peut-être des fois est-ce utile de crier au loup et d’exagérer au passage pour éveiller l’opinion à ce qui est un vrai danger de santé publique : l’appauvrissement de notre nourriture.

 

Mais, direz-vous, sous nos latitudes l’obésité fait rage, les rayons des supermarchés débordent et un fast-food pousse à chaque coin de rue. La consommation moyenne de calories dans les pays développés n’a pas cessé d’augmenter depuis la deuxième guerre mondiale ! Mais non, je ne parle pas de calories, mais de nutriments : minéraux, vitamines, phytonutriments…. Le rapport nutriments/calories ne cesse de baisser, non seulement à cause de nos mauvais choix alimentaires, mais bien parce que les ingrédients de base se sont appauvris.

 

Les comparaisons avec les années ’40 ou même ’60 (faites aux Etats-Unis) montrent un déclin général dans les niveaux de tous les oligo-éléments, dans des pourcentages allant de 5% à 90%.  Exemples :

 

La vitamine C a baissé de 35% dans les poivrons

La vitamine A a baissé de 34% dans les pommes et de 50% dans le broccoli

Le fer a diminué de 88% dans le cresson de fontaine

Le calcium  a chuté de 50% dans le broccoli et de 78% dans le maïs

Le chou vert a perdu 45% de la vitamine A, 60% du potassium et 85% du magnésium

 

Les causes de ce phénomène généralisé ne sont pas bien établies, mais plusieurs explications viennent à l’esprit. L’appauvrissement du sol, dû à l’agriculture intensive, vient tout en haut de la liste : une agriculture qui repose sur les engrais chimiques, qui eux, ne sauraient remplacer tous les nutriments perdus lors de la récolte. Il faut aussi penser que nous avons sélectionné au fil des ans des variétés à intérêt commercial mais pas forcément nutritif – les fruits et légumes les plus gros, à croissance rapide (diluant ainsi les nutriments). La pratique de la récolte des fruits avant maturité et le transport sur de longues distances y sont aussi pour quelque chose…

 

Et si vous pensez que ce ne sont que les fruits et légumes qui sont atteints, sachez que les produits d’origine animale n’ont pas de quoi pavoiser :

 

Le fer a diminué de 47-55% dans tous les types de viande

Le lait a perdu 60% du fer et 21% du magnésium

Le cheddar et le parmesan ne contiennent plus que 62%, respectivement 30%, du magnésium

 

Eh oui, c’est un peu logique, les animaux sont bien nourris avec des végétaux et souffrent eux-mêmes de malnutrition. Le plus souvent il s’agit de soja ou même d’herbe issue de prairies traitées aux engrais chimiques. La productivité a un prix. L’agriculture intensive ne permet pas la régénération des sols parce qu’elle ne fonctionne pas en circuit fermé comme c’est le cas dans la nature. Mais c’est un autre débat…

 

Nous pouvons nous demander dans ce cas si les produits bio sont à l’abri de cet appauvrissement. Les résultats ne sont pas concluants pour la plupart des minéraux et vitamines. Par contre, il est prouvé que les produits de l’agriculture biologique sont au moins presque exempts de pesticides et de cadmium et contiennent plus d’acides gras essentiels oméga 3. Ils affichent également une plus grande concentration de phytonutriments tels les anti-oxydants, des milliers de molécules qui, une fois ingérées, nous défendent contre le vieillissement, l’inflammation ou le cancer.

 

Certes, le constat est inquiétant : nous disposons de nourriture en abondance, mais de moindre qualité. Que faire alors ? La réponse est simple : privilégier les aliments végétaux à l’état naturel et dire non aux produits transformés. Surtout ne pas éviter les fruits et légumes sous prétexte qu’ils ne sont plus ce qu’ils ont été. Aujourd’hui encore, ils restent les meilleurs alliés de notre santé.

 

 

 

 

 

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