Obésité infantile: ou comment noyer le poisson dans le coca

J’avoue, je suis une lectrice régulière de Migros Magazine : tous les lundis, je déjeune en le feuilletant. La semaine dernière, l’article principal m’a sauté aux yeux : le sujet était l’obésité infantile et les mesures à prendre pour la contrecarrer. Il y était dit qu’en Suisse plus d’un enfant sur 5 est en surpoids  et qu’il était urgent d’agir pour freiner la progression de ce fléau.

Je ne peux qu’être d’accord : on sait qu’un enfant obèse a 80% de chances d’être obèse à l’âge adulte, avec la cohorte de dangers pour la santé que cela comporte : risque 3 fois plus élevé de diabète ou de maladie cardiovasculaire, par exemple, et une espérance de vie réduite de 10 ans en moyenne.

C’est en lisant les causes pointées du doigt dans l’article comme étant responsable de la prise de poids que je suis restée sur ma faim : on y blâmait les suspects habituels, la sédentarité et les boissons sucrées. Je doute qu’il y ait besoin d’une campagne d’information des parents sur ces deux sujets, tellement c’est devenu un lieu commun que d’associer surpoids et télé, par exemple. Les calories superflues cachées dans les gobelets de Coca, on pourrait bien s’en passer, c’est certain. Mais peut-être que la solution est plus complexe que de choisir un Coca Zero après être allé taper dans le ballon.

Une étude parue dans International Journal of Obesity montre un fait pour le moins inattendu : le niveau moyen d’activité physique, en Europe comme aux Etats-Unis, loin de diminuer, a en effet augmenté depuis les années ’80. Vous avez bien lu, alors que précisément l’obésité n’a pas cessé d’augmenter pendant la même période. L’explication, c’est que le nombre de kilocalories consommées par jour par habitant a fait de même : de 2077 en 1970 à 2343 en 1990  et 2590 en 2010 aux Etats-Unis. Sachant qu’il faudrait courir en moyenne 1 heure par jour pour brûler les 500 kcal supplémentaires, il est compréhensible pourquoi le surplus a fini par se déposer en bourrelets. Les calories provenant d’aliments transformés – farine, viande et surtout huile et graisses ajoutées – ont considérablement augmenté. Notons au passage que les calories provenant des sucres ajoutés sont restées inchangées… Le pourcentage des calories obtenues de fruits et légumes a même diminué, de 9% en 1990 à 7.9% en 2010 ! Ce phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il a été prouvé que la consommation de fruits et de légumes est un facteur important pour la perte de poids. Alors qu’ingurgiter des chips, de la viande ou des sodas fait grossir, autant l’ajout de légumes, céréales complètes et fruits est associé à un poids plus léger.

J’en conclus que pour garder la ligne oui il faut bouger, oui il faut s’abstenir des boissons sucrées, mais, tout aussi important, il faut penser à mettre du végétal dans son assiette. Oublions le préfabriqué, le raffiné et le surgelé et faisons simplement un tour au marché !

 

(publié pour la première fois en mars 2016)

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