…et ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours

 

 

Les contes de fée de notre enfance – à nous, ceux qui avons grandi avant la déferlante de dessins animés et des jeux sur tablette – commençaient pas « Il y avait une fois »  et finissaient, presque tous, avec un happy end. Le prince sauvait la princesse, il l’épousait, ils avaient beaucoup d’enfants et vivaient heureux jusqu’à la fin de leurs jours. Quand précisément cette fin devait intervenir ? La question était pudiquement éludée.

 

De nos jours, l’espérance de vie dans les pays dits développés n’arrête de progresser. En France, elle atteignait 82.8 ans en moyenne (79.5 ans pour les hommes, 86 ans pour les femmes), résultats légèrement supérieurs à la moyenne des pays de l’UE. La Suisse peut se vanter de faire encore mieux, puisque son espérance de voie moyenne est de 83.3 ans  – égale à celle du Japon ! Nous pouvons donc nous féliciter, nous fier à notre système médical si performant et profiter joyeusement d’une longue retraite riche en loisirs.

 

Ou peut-être pas.

 

On allait oublier un autre indicateur, qui, lui, est moins réjouissant. Il s’agit de l’espérance de vie sans incapacité ou, autrement dit, espérance de vie en bonne santé. Il compte, grosso modo, sur combien d’années sans maladie chronique incapacitante nous pouvons compter. Or, en Suisse, ce nombre est de 67.8 ans en moyenne, similaire pour les hommes et les femmes. En France, cet indicateur est même en baisse et pointe actuellement vers 63.5 ans chez les femmes et 61.8 ans chez les hommes. Ce n’est pas si mal, n’est-ce pas. Mais si on y regarde de plus près, ces âges coïncident peu ou prou avec l’âge de la retraite. Si vous avez rongé votre frein en rêvant aux années dorées d’une retraite bien méritée où vous alliez enfin vous adonner à vos hobbies, cela peut faire un choc. A la retraite vous aurez plus de chances de rendre visite à votre médecin que de bronzer en Thaïlande. Et, grâce notamment à ce dernier (votre médecin), la retraite sera longue : 15 ans en moyenne séparent l’espérance de vie en bonne santé de l’espérance de vie tout court. (Et c’est pire en France : 18 années d’incapacité attendent les hommes français).

 

Mon père était une force de la nature : sa joie de vivre n’avait d’égal que son enthousiasme pour son métier de physicien. Il ne tarissait jamais sur les merveilleuses applications de la thermodynamique, la passion de sa vie. Il n’a jamais arrêté de travailler sur ses projets jusqu’à son décès survenu à 86 ans révolus. La science étant tout pour lui, sa santé ne figurait pas bien haut sur sa liste de priorités. Son appétit à la hauteur de la force de sa personnalité, il profitait de l’instant présent, ne se refusait jamais une gourmandise, ne bougeait pas de son bureau de la journée, les yeux rivés sur ses objectifs scientifiques. Se projets étaient grandioses : ses capacités physiques, elles, allaient en diminuant. Il a essuyé, depuis sa cinquantaine, une asthme chronique, une lythiase biliaire, une opération à cœur ouvert due à l’athérosclérose,  un cancer du côlon, deux AVC. Sa volonté seule l’a fait surmonter ces épreuves, mais la volonté ne peut rien contre les séquelles des accidents cérébraux.

 

Je n’ai pas pu protéger mon père. Comme la majorité des gens, comme lui, je n’étais pas informée du pouvoir de la nutrition à contrôler les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, du cancer du côlon et des AVC. Mais il n’a pas été trop tard pour aider ma mère. Elle souffrait d’hypertension et d’hypercholestérolémie depuis de nombreuses années et les effets secondaires des médicaments qu’elles prenaient ajoutaient des symptômes supplémentaires. Dix minutes de marche suffisaient pour la fatiguer. Elle a eu la sagesse et le courage de changer ses habitudes et de transformer son régime alimentaire : elle a adopté un régime riche en végétaux, basé sur des produits non-transformés. En deux mois, sans médicaments cette fois-ci, les valeurs de ses analyses étaient revenues à la normale et elle avait retrouvé la tension artérielle de sa jeunesse. A présent, à 78 ans, elle est plus active que jamais et regarde l’avenir avec confiance.

 

Faire attention à son régime de vie, ce n’est pas seulement rajouter des années à son palmarès ; c’est surtout s’assurer d’être capable d’en profiter. Comme dans les contes de fées.

 

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