Allergique au fitness? J’ai une bonne nouvelle!

Allez, j’avoue : toute ma vie j’ai fui le sport comme la peste.

 

Mes parents ont tout essayé : vélo, patins à roulettes, patins à glace, ski… Mais tous ces engins avaient en commun la capacité de me faire chuter – très peu pour moi, merci ! On m’a bien envoyé aux cours de natation, mais l’eau était froide et mes bourrelets trop visibles – j’ai appris à faire la planche, c’est déjà ça. L’adolescence est arrivée, je l’ai passée en grande partie assise, avec un bouquin ou au téléphone avec les copines. Pas besoin d’ordi pour rester clouée sur une chaise, on faisait ça très bien avec les moyens de l’époque.

 

Vous comprendrez alors ce que j’ai ressenti l’autre jour, prise dans un débat enflammé sur Facebook sur les façons de perdre du poids : la majorité écrasante citait le sport comme moyen indispensable pour y arriver. Si cela était vrai, je serais encore aux prises avec mes kilos. Heureusement, ce n’est pas le cas et je me réjouis d’apporter cette bonne nouvelle aux autres flemmardes qui, comme moi, ont le mot « fitness » en horreur. Ou à celles dont l’abonnement expire avant qu’elles aient fait deux séances de zumba. (Je ne peux pas être la seule à qui ce genre de choses arrive !)

 

Mais c’est tout à fait compréhensible pourquoi cette idée est si répandue. On nous répète à l’envi, si l’obésité grimpe c’est à cause de notre mode de vie sédentaire ! Cela a l’air de tenir du bon sens, et pourtant… Des scientifiques ont mesuré le niveau d’activité physique moyen des Européens et des Américains et, ô surprise, il ne semble pas avoir baissé depuis les années ’80. En fait, il a plutôt augmenté (grâce à la mode du fitness ?) L’obésité, elle, a progressé de 27.5% dans le monde ces 30 dernières années. Mais cette étude est allée plus loin et a comparé la dépense physique des humains à celle d’autres mammifères en liberté : oui, vous avez deviné, les deux étaient tout à fait similaires.

 

Une autre étude a mesuré le niveau d’activité physique et l’évolution du poids sur quelques années: la sédentarité n’était pas corrélée avec la prise de poids. Et ceci concorde avec les résultats de bien d’autres études similaires.

 

Au fait, imaginez un peu les lions dans la savane, les vaches dans le pré, les moutons au pâturage : combien en voyez-vous qui courent, sautent ou font des génuflexions (oui, bon, d’accord…) ? Ceci pour la bonne raison que tout animal économise son énergie pour avoir des réserves quand la nécessité frappe. Se dépenser sans raison vitale n’est que le propre de l’homme  – qui est aussi le seul animal qui vit, sous nos latitudes, dans un perpétuel état de surabondance. Or, brûler l’excès de calories en faisant du sport n’est pas une mince affaire. Par exemple, il faudrait courir 5 km pour faire disparaître deux cuisses de poulet – sans peau…

 

Et alors même qu’on se serait dévoué à la tâche, donné à fond à son programme de gym, les bénéfices tarderaient souvent : pour la bonne raison qu’après l’exercice on augmente, bien involontairement, son apport calorique. Ou bien on compense en passant l’après-midi léthargique sur son canapé! Une étude sur la souris a mesuré cet effet: les souris qui avaient accès libre à une roue d’exercice s’en donnaient à coeur joie mais au final ne dépensaient pas plus d’énergie que les autres. Elles se déplaçaient simplement beaucoup moins une fois la course finie.

 

Il est tout à fait possible de perdre du poids sans bouger d’un pas de plus qu’à son habitude. En fait, en ce qui concerne la perte – ou le gain – de poids, l’alimentation est de loin la première en cause. Prenons en effet cette publication tirée d’un très vaste programme étudiant les Adventistes du 7 ème jour aux Etats-Unis. Les personnes concernées, habitant la Californie, ont tous à peu près le même niveau d’activité physique (ils pratiquent par exemple la randonnée hebdomadaire en groupe), ils évitent tous de fumer et de boire de l’alcool. Par contre, leurs régimes alimentaires divergent et couvrent tout le spectre, du régime américain standard au véganisme, en passant par les versions intermédiaires lacto-ovo-végétarienne et pesco-végétarienne. L’indice moyen de masse corporelle des populations respectives augmentait avec la quantité de produits animaux dans leur alimentation : les plus minces étaient les véganes, suivis des lacto-ovo-végétariens (qui incluaient des produits laitiers et des oeufs dans leur régime), suivis des pesco-végétariens (qui mangeaient aussi du poisson) ; les semi-végétariens (qui consommaient de la viande moins d’une fois par semaine) avaient un indice de poids encore supérieur, alors que les consommateurs du régime américain standard arrivaient en tête. A noter : seule la population végane avait un indice défini comme normal (23.6 en moyenne) ! Les indices de tous les autres groupes dépassaient la limite de 25, ils étaient donc tous en surpoids. La différence entre les véganes et les adeptes de l’alimentation standard (de la viande plus d’une fois par semaine) était de 5 points : de 23.6 à 28.8. Et vous savez quoi ? Les véganes dans cette étude bougeaient moins que les omnivores !

 

Comprenez-moi bien, loin de moi l’intention de dénigrer sport et sportifs. Une activité physique journalière, comme de la marche à pied pendant une heure par jour, ne nous apporte que des bienfaits. Mais pour tous ceux que l’idée d’aller au fitness intimide, réjouissez-vous : nul besoin de transpirer pour se débarrasser de ses kilos !

 

(publié la première fois en avril 2016)

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